Historique
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Les fondateurs du Programme des cadets de l’air ont, sans le savoir, pris une excellente décision lorsqu’ils ont créé un partenariat avec l’Aviation canadienne, partenariat qui est encore aujourd’hui la clef du succès du Programme.  La philosophie du Programme des cadets est pourtant simple: malgré une implication significative des militaires dans l’organisation des cadets de l’air, la Ligue est fière de souligner que la participation,  autant pour les jeunes que pour les adultes qui les encadrent, demeure volontaire et sans engagement.  Les Forces Canadiennes supportent le Programme des cadets pour la même raison qui motive les bénévoles civils qui s’y impliquent: donner la chance à la jeunesse canadienne de devenir de meilleurs citoyens et citoyennes.

Les débuts

Pour bien comprendre pourquoi et comment la Ligue des cadets de l’air a été fondée, il faut remonter au tout début de la Seconde Guerre mondiale. La France était vaincue, les Pays-Bas envahis et la Grande-Bretagne était pilonnée par des bombardements aériens. Il fallait, d’abord et avant tout, des avions et encore des avions – et de jeunes gens bien entraînés à les piloter pour défendre la liberté.

C’est dans ce contexte historique qu’on vit naître au Canada ce concept d’un corps sélect d’adolescents qui allaient consacrer leurs moments de loisirs à se préparer pour le jour où ils iraient prendre leur place parmi les équipages aériens de l’Aviation royale du Canada. Même avant la création de la Ligue des cadets de l’air, on comptait déjà une unité de cadets de l’air à Vancouver et d’autres unités avaient été constituées à Montréal, Windsor, Penhold et ailleurs.

En 1940, le ministre de l’Aviation, l’honorable Power, qui se rendait bien compte du besoin impérieux de former des cadets de l’air, convoqua un groupe de civils éminents et les pria de bien vouloir constituer, à l’échelle nationale, un organisme bénévole chargé de parrainer ce mouvement en plein essor et de lui donner plus d’ampleur. Les résultats ne se firent pas attendre et on vit naître peu après cet organisme qui devait plus tard collaborer étroitement avec l’ARC. Et, comme les événements allaient le démontrer, cette collaboration fut à la base même des succès retentissants du Mouvement des cadets de l’air du Canada.

Le décret C.P. 6647 du 11 novembre 1940 autorisait la formation de la Ligue des cadets de l’air du Canada et énonçait les responsabilités de l’organisme civil de l’ARC. Le 9 avril 1941, la Ligue des cadets de l’air du Canada se voyait octroyer une charte fédérale qui la constituait en société sans but lucratif. Un bureau administratif fut

établi à Ottawa, ce qui permit de lancer une campagne intensive de recrutement de commanditaires et de bénévoles dans toutes les provinces. Au début de 1941 était formé un comité national composé de personnes éminentes qui se réunirent pour la première fois à Ottawa le 2 juin de la même année. Une des premières mesures prises par les directeurs nationaux consista à nommer dans chacune des neuf provinces un président choisi parmi les personnes bien en vue dans la société. De leur côté, les présidents provinciaux formèrent leur propre comité dont les membres parcoururent leur province en tous sens, s’adressant aux personnes imbues de civisme et recrutant sur les lieux des patrons pour les escadrons.

L’organisation des escadrons se poursuivit au cours de l’automne de 1941 et, à la fin de cette année, on pouvait compter 79 escadrons affiliés d’un bout à l’autre du pays. En mai 1942, le nombre d’escadrons était passé à 135, et celui des cadets à 10 000; une année plus tard, les chiffres s’élevaient à 315 escadrons et à 23 000 cadets.

À ses débuts, la Ligue jouait avant tout un rôle militaire, mais ses fondateurs songeaient aussi aux avantages à long terme qu’on pourrait tirer de la formation des cadets de l’air. Ils comprirent qu’en se consacrant volontairement à l’étude, les cadets approfondiraient leurs connaissances tout en se rendant plus utiles à la société et qu’en prenant part aux activités dirigées des escadrons, ils trouveraient des occasions de mettre en valeur ces qualités qui sont l’apanage de tout bon citoyen.

Ce fut le côté formateur de l’entraînement des cadets de l’air qui intéressa si fortement les dirigeants des mouvements de jeunes au pays. Des clubs philanthropiques, des éducateurs, des chambres de commerce et d’autres organismes offrirent leurs services à 

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la Ligue, non seulement pour contribuer à l’effort de guerre, mais aussi pour aider les jeunes du pays à se mieux préparer à assumer leurs responsabilités de citoyens.

C’est en septembre 1944 que le mouvement atteignit le maximum de ses effectifs en temps de guerre, soit 374 escadrons, plus de 29 000 cadets, 1 750 officiers et instructeurs ainsi que 2 000 autres civils qui lui apportaient une aide financière et autre.

Il est regrettable que, durant les premières années, on n’ait pas tenu un compte rigoureux du nombre de cadets qui se sont engagés dans les unités de combat. On a tout de même pu établir qu’au cours d’une brève période , entre octobre 1943 et juin 1944, plus de 3 000 cadets de l’air se sont enrôlés dans l’ARC et que plusieurs d’entre eux furent par la suite décorés pour leur bravoure. Ce sont là des chiffres qui font honneur au mouvement des cadets et qui témoignent de façon tangible de la valeur de la formation des cadets de l’air.

L’Après-Guerre (1946-1968)

L’après-guerre vit diminuer, partout au Canada, l’intérêt qu’on portait à toutes les activités des cadets. De nombreux escadrons formés ” pour la durée de la guerre ” furent dissous et le mouvement se stabilisa avec des effectifs réduits ne comptant plus qu’environ 11 000 cadets répartis dans 155 escadrons.

L’histoire du Programme des cadets de l’air pendant la période de paix est peut-être encore plus impressionnante qu’elle ne l’a été pendant la guerre. Dès la fin de 1944, la Ligue planifia et mis en branle son plan de conversion à l’époque de paix avec la même vigueur qu’elle avait déployée pour s’acquitter de ses responsabilités pendant la guerre. En 1945, la tâche la plus importante de la Ligue était de trouver un autre moyen de stimuler les cadets qui n’étaient plus inspirés par la perspective de pouvoir s’enrôler dans l’ARC. On trouva la solution en décernant diverses récompenses pour compétence exceptionnelle et pour loyauté envers l’escadron. Pour accroître sa popularité, la Ligue a introduit les camps d’été dispensés aux stations de l’ARC. En 1946, l’ARC dévoilait les cours de pilotage à bord d’aéronefs légers depuis les clubs de vol civils. Les bourses pour ces cours étaient offertes aux cadets supérieurs, ce qui contribua à accroître l’importance du mouvement. Depuis ce temps, quelque 14 361 cadets de l’air (1997) ont terminé leur

cours de pilotage, atteignant habituellement le niveau de pilote privé, et peuvent maintenant être fiers de s’afficher en tant que pilotes. Cette formation est offerte aux cadets à peu de frais ou gratuitement à leurs familles. Les cadets de l’air aspirant à une bourse de pilotage font l’objet d’une sélection rigoureuse. Les candidats doivent être en bonne forme physique, âgés de 17 ans ou plus, et inscrits au niveau 4 de l’entraînement des cadets de l’air. De plus, ils sont soumis à un examen d’aptitude et à la procédure de sélection rigoureuse des Forces canadiennes et de la Ligue aux niveaux local, provincial et national.

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Également en 1946, le gouvernement approuvait un effectif d’après-guerre de 15 000 cadets pour le Canada tout entier. Par la même occasion, la Ligue et l’ARC mettaient en vigueur un nouveau programme de temps

de paix pour les cadets, lequel était axé sur une double formation en aéronautique et en civisme.

Au début de 1949, le mouvement s’étendait à la nouvelle province de Terre-Neuve où six escadrons actifs, appuyés par des comités civils dynamiques, étaient mis sur pied quelques semaines après l’entrée de cette province dans la Confédération. L’année suivante, le gouvernement reconnaissait la nécessité d’augmenter l’effectif maximal qui fut alors porté à 22 500 cadets.

Lors de son dixième anniversaire, en 1951, la Ligue pouvait se targuer d’avoir bien servi le Canada. Quelque 65 000 jeunes avaient porté l’uniforme des cadets de l’air et avaient pris part au programme de formation.

En 1961, la Ligue accédait à la maturité, plus de 150 000 cadets de l’air avaient été formés dans les escadrons qui totalisaient maintenant 332. Si tous les cadets qui avaient reçu la formation des cadets de l’air avaient pu défiler en même temps en colonne de route, la file se serait étendue sur une distance de 35 kilomètres.

Vu la forte demande à l’époque pour de nouvelles unités et le besoin d’assurer l’expansion progressive du mouvement, l’autorisation a été accordée en 1972 d’augmenter l’effectif progressivement pour atteindre 28 000 cadets de l’air aujourd’hui.

Les années suivant l’unification (1968 à aujourd’hui)

Le 1er février 1968, la Ligue des cadets de l’air perdait son associé initial, soit l’Aviation royale du Canada, et l’unification des armes lui valait une nouvelle association avec les Forces canadiennes.

En 1969, on créait au Quartier général de la Défense nationale le directorat des cadets qui fut chargée d’établir des lignes de conduite et de coordonner les activités des trois mouvements de cadets. Ce bureau relève présentement de la Direction générale des Réserves et des cadets. Le contrôle journalier des activités des cadets de l’air est dévolu à six régions militaires affiliées aux commandements fonctionnels des Forces canadiennes dont le commandant fonctionnel sert aussi à titre de commandant régional : Région de l’Atlantique – Commandement maritime; Région de l’Est – Force mobile (Québec); Région du Centre – Service de l’instruction des Forces canadiennes; Région des Prairies – Commandement aérien; Région du Pacifique – Forces maritimes du Pacifique et Région du Nord.

Les cadets de l’air ont connu deux changements importants au cours de cette période. Bien que des sections de cadettes sous la direction des escadrons existaient déjà depuis plusieurs années à titre non officiel, la participation de jeunes filles au programme des cadets de l’air fut approuvée par le Parlement le 30 juillet 1975. À l’heure actuelle (1998), les filles constituent environ 30 pour cent des effectifs des escadrons des cadets de l’air du Canada. Ensuite, avec l’arrivée de nouveaux uniformes pour les Forces canadiennes, les cadets de l’air ont adopté l’uniforme vert au cours des années 1970, puis sont revenus aux uniformes bleus au cours des années 1990.

Entre la fondation de la Ligue des cadets de l’air du Canada en avril 1941 et la fin des années 1990, près d’un million de jeunes Canadiens et Canadiennes ont bénéficié du programme de formation des cadets de l’air. Aujourd’hui, le nombre de personnes qui participent d’une façon ou d’une autre au Mouvement des cadets de l’air est évalué à quelque 50 000.

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Les cadets de l’Air en vol

Le défi que devaient relever les dirigeants des cadets de l’air des années 1960 était de ranimer le programme et de recruter une nouvelle génération de jeunes Canadiens afin de l’investir de crédibilité.

Pendant les premières années d’existence de la Ligue des cadets de l’air, l’ARC était chargée d’un nombre impressionnant de bases réparties d’un bout à l’autre du pays, et ce n’est pas à cette époque les petits avions qui faisaient défaut, surtout ceux du type Expeditor ou Dakota qui se prêtaient bien pour fournir aux cadets de l’air des occasions de se familiariser avec le vol en avion. Toutefois, l’unification des trois armes entraîna la fermeture ou le fusionnement de nombreuses bases aériennes et, comme on avait de plus en plus tendance à utiliser de grands avions à long rayon d’action, la situation changea radicalement.

Vers le milieu des années soixante, il était devenu manifeste que les cadets de l’air n’avaient pas assez souvent l’occasion de vivre l’expérience enivrante que procure le vol en avion. Soucieuse de maintenir l’intérêt des cadets, la Ligue décida de ” rendre les ailes aux cadets de l’air “.

À l’été de 1965, les membres de l’Ouest instituaient un programme de vol à voile expérimental en collaboration avec le camp d’été des cadets de l’air à Penhold (Alberta). Depuis ces humbles débuts, le vol à voile est devenu une des principales activités menées par le Mouvement des cadets de l’air et, de nos jours, plus de 60 000 vols sont effectués annuellement et 320 cadets de l’air obtiennent chaque année leur brevet de pilote de planeur.

En 1967, la Ligue des cadets de l’air mettait sur pied un programme d’acquisition de planeurs en vue de se doter d’un parc de planeurs bien à elle dont elle se servirait non seulement durant les camps d’été, mais aussi pendant la saison de vol à voile du printemps et de l’automne.

Vers la fin de 1972, la Ligue s’est vu offrir la chance de faire l’achat, à prix très modique, d’appareils L-19 excédentaires mis au rancart par les Forces canadiennes, ce qui donna une impulsion formidable au programme de vol en avion et de vol à voile des cadets de l’air. Ces avions furent acquis par l’entremise de la Corporation de disposition des biens de la Couronne et ils continuent de jouer un rôle utile, à côté des autres appareils de la Ligue, dans ce qui est sans aucun doute le programme de vol à voile le plus important de toute la planète.

Le programme de vol à voile est le fruit d’un partenariat entre les Forces canadiennes et la Ligue des cadets de l’air. Il est mené conformément aux modalités d’un protocole d’entente de cinq ans renouvelable. Vous trouverez le protocole d’entente actuellement en vigueur à la section 4 de ce guide.

 L’objectif du programme de familiarisation au vol à voile est d’accorder à chaque cadet de l’air un vol de familiarisation au minimum par année. Les programmes de familiarisation au vol à voile se déroulent les fins de semaine entre les mois de mars et de juin et de septembre et novembre à plus de 60 sites au Canada, depuis des aéroports de Transports Canada à des pistes gazonnées approuvées. Au cours de l’été, les vols de familiarisation sont également offerts aux cadets de l’air qui suivent des cours aux centres d’entraînement d’été annexés aux écoles régionales de vol à voile des cadets de l’air.

En plus de participer à des vols aux sites de planeurs, les cadets de l’air ont aussi la possibilité de travailler comme personnel de piste et s’occupent de préparer les planeurs pour leur envolée et de les récupérer après leur atterrissage. La Ligue des cadets de l’air assure le soutien administratif et récréatif sur les sites de vol à voile pour diminuer la charge de travail de l’équipage de vol et des surveillants des escadrons.

Le cours d’une durée de six semaines donné à l’école régionale de vol à voile permet à 320 cadets de l’air d’obtenir leur brevet de pilote de planeur décerné par Transports Canada. Le processus de sélection des candidats est identique à celui du programme de bourses de pilotage motorisé, excepté l’âge minimal du pilote de planeur qui passe à 16 ans. Le personnel de formation est composé d’officiers du CIC qui sont reconnus comme instructeurs de vol à voile ou comme pilotes de remorquage de planeurs. Trente-deux ans après la mise sur pied du programme, près de 10 000 cadets de l’air (9 920 en 1997) ont terminé le cours de pilotage de planeur avec succès.

Le programme de pilotage de planeur des cadets de l’air compte sur les efforts de nombreux intervenants à tous les niveaux : la Direction des cadets et le Bureau national de l’air du QGDN, le siège national de la Ligue des cadets de l’air à Ottawa, le CIC régional et le personnel d’état-major des cadets de l’air, sans oublier bien sûr les nombreux bénévoles de la Ligue des cadets de l’air dans toutes les provinces et sur tous les territoires.

Les données que nous fournissent régulièrement Transports Canada et l’Association canadienne des pilotes d’avion révèlent qu’un pilote privé sur cinq au Canada aujourd’hui est un ancien cadet de l’air et que 67 pour cent des pilotes professionnels et des pilotes de ligne en service aujourd’hui ont commencé avec les cadets de l’air. Aucune statistique n’est toutefois disponible sur le nombre de cadets de l’air s’étant inscrits aux Forces canadiennes. Il est estimé que 28 % du personnel des Forces aériennes affecté au vol, au travail technique et à l’administration aient reçu une formation quelconque au sein des cadets de l’air. Encore plus digne de mention est le fait que le taux d’échec parmi les anciens cadets de l’air qui ont choisi une carrière militaire est presque nul.

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